Compétition internationale
42e édition
20>29 novembre 2020, Nantes
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Soldier playing with dead lizard

de Daniel BARROCA

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Sommes-nous orientés par un fétichisme pour les choses laissées par d’autres époques ou bien, nous invitent-elles, plus essentiellement, à examiner la réalité de nos mémoires individuelles, collectives, imaginaires, et partant d’elles à comprendre mieux ceux que depuis notre présent nous sommes devenus ? C’est par une incursion dans ce mouvement dynamique que nous convions le spectateur à voyager parmi trois courts-métrages réalisés au cours de la décennie écoulée par des artistes qui manifestent diversement leur tentation de l’archive. Dans The Dockworker’s Dream, l’américain Bill Morrison nous invite à naviguer (littéralement) parmi le mouvement d’images provenant des archives de la Cinémathèque portugaise. Montées, revisitées, accompagnées par une bande-sonore de Kurt Wagner, leader du groupe Lambchop, elles construisent un voyage en forme d’écho distant à l’esprit des Découvertes : remontée du fleuve Douro, déambulation dans les rues de Porto, ses usines, ses commerces portuaires pour atteindre jusqu’au grand horizon du continent africain. À partir de films 8mm tournés dans la province mozambicaine de Nampula par son père, l’artiste Manuel Santos Maia nous place devant Alheava_Filme dans la position d’un auditeur découvrant les images d’un film dont il connaît déjà l’histoire. Trajectoire contée à la première personne par un “retornado”, son grand-père, avec comme résolution de faire poindre à l’intersection de la parole et de l’image, la réalité d’une aliénation qui renvoie l’un à l’autre le processus de colonisation et de décolonisation. Soldier Playing With Dead Lizard est une séquence réalisée à partir d’une collection de photographies de guerre prises entre 1973 et 1974 provenant d’un soldat de l’armée coloniale portugaise en Guinée-Bissau. À ces images découvertes dans le bric-à-brac d’un marché aux puces, Daniel Barroca associe un enregistrement sonore de la même époque provenant de sa propre famille. L’attention exclusivement portée par les plans sur des détails nous oblige à forcer notre perception sensorielle comme si nous étions nous-mêmes pris dans un zoom. Plus sont amplifiées la dimension des images et les échelles sonores, moins la certitude est grande de nous en saisir et de les comprendre. Autrement dit : de quelles projections sommes-nous capables dans l’espace qui sépare ce moment où la matière a été saisie de celui auquel nous la découvrons ? De quelle matière est faite la véritable rencontre avec l’autre ? A.R.

  • Titre français
    Soldier playing with dead lizard
  • Titre international
    Soldier playing with dead lizard
  • Support de projection
    DCP
  • Sous-titrage

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