Gurvinder Singh installe une fiction en trois parties dans un territoire, le Pendjab, déchiré par la partition de 1947 qui a séparé les communautés musulmanes, hindoues et sikhs. Le film à la fois sonde l’écho de cette vieille blessure dans un présent miné par les tensions, par une violence contenue dans le hors champ, et livre la formule d’un baume : défaire la figure de l’ennemi, ce qui suppose d’accueillir sans condition l’étranger, l’autre, ce dieu inconnu. Cela pourrait ressembler à une naïveté, ce n’en est pas une, parce que l’humanisme du film vient de loin. C’est une noblesse d’âme et de cœur qui s’incarne profondément dans les personnages et la présence émouvante de Naseeruddin Shah, grand nom du cinéma indien. Jusque dans sa manière d’appréhender l’espace, Gurvinder Singh donne corps à cette idée que la politique de la défiance, et sa police, redoutent par-dessus tout les mains tendues.
Aisha Rahim
Première française
DIM 22 > 10h · MER 25 > 13h15 · JEU 26 > 20h30
