Destiny remonte à la source du désastre raconté dans Innocence : Bekir aime Ugur, qui n’aime que Zagor, et cette dissymétrie suffit à défaire des existences entières. Le film endosse une certaine dureté en refusant de confondre aveuglement et grandeur amoureuse. Bekir ne subit pas seulement son malheur : il le choisit, le reconduit, sacrifie à son obsession jusqu’à ceux qui ne lui ont rien fait. À mesure que sa vie se défait, le mot kader — le destin — devient le nom commode de sa propre abdication. Toute la noirceur du film tient là : nous appelons fatalité ce à quoi nous avons, chaque jour, consenti. Jérôme Baron
Inédit en France
SAM 21 > 20h45 · JEU 26 > 20h30
