Compétition internationale
44e édition
18>27 novembre 2022, Nantes
FR EN

Accueil > Éditions > Festival 2003 > Home Vidéos nigérianes

Home Vidéos nigérianes

Le phénomène est apparu au début des années 90 : une production très vite croissante de films tournés en vidéo et distribués en VHS ou VCD. En moins de dix ans, le Nigéria, dont le cinéma était à l’abandon (plus de salles et pas plus de films), s’est mis à produire plusieurs centaines de fictions par an. Des films bon marché, faits dans l’espoir d’un profit immédiat. D’abord destinée au marché intérieur (le Nigéria, avec 120 millions d’habitants, est le pays le plus peuplé d’Afrique), cette production s’exporte de plus en plus en Afrique et dans la diaspora nigériane. Le succès commercial et l’assurance de profits élevés ont d’abord été tels que la production est devenue pléthorique, au point que les producteurs se sont imposés au début de 2002 une pause de 3 mois, pour assainir le marché. On parle désormais de 2 à 3 000 films par an.

Des fictions à la chaîne et quelques personnalités marquantes

Financées essentiellement par les distributeurs, à l’écart des circuits de coproduction internationale et de la télévision, les vidéos nigérianes sont incontestablement des films de genre commerciaux, inspirés par un spectre très large qui va des telenovelas brésiliennes aux films indiens ou de Hong Kong. Les conditions de production sont le plus souvent très précaires : quelques jours de tournage, cadrages sans imagination, effets spéciaux vidéos antédiluviens, comédiens amateurs… Les scénarios sont le plus souvent tout aussi sommaires : adultères, violence, magie. Pourtant, il se dégage de tout cela une énergie étonnante qui fait parfois penser aux premiers pas d’Hollywood. Il émerge de cet ensemble quelques films adroitement portée générale du conte et prise en compte directe de la réalité nigériane. “Thunderbolt” de Tunde Kelani (qui ne tourne, avec soin, que deux films par an !), par exemple, est une chronique extrêmement vivante, menée par une remarquable comédienne. De cette industrie en formation, unique au monde par sa vigueur, pourrait bien sortir un nouvel avenir pour le cinéma africain.

 

Films