Compétition internationale
42e édition
20>29 novembre 2020, Nantes
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Panorama du cinéma argentin

 

LE CINEMA ARGENTIN ET SES MIROIRS

Tout cinéma national est à l’image de son pays, mais il faut apprendre à reconnaître le portrait. Un pays lointain étant souvent un territoire imaginaire, sa réalité doit se mesurer aux écrans idéologiques ou romanesques des spectateurs exotiques.

La même critique européenne qui sut voir, mieux que les américains eux-mêmes, où était la vraie grandeur du cinéma américain, négligea longtemps de reconnaître dans les mélodrames égyptiens ou les comédies musicales hindoues des formes d’art populaire donnant forme aux rêves des publics urbains non folkloriques.

Que faire, par contre, d’un cinéma si peu “haut en couleur” que l’Argentin, cinéma trompeusement proche par certaines intonations et approches des cinémas européens ? Les premiers touristes culturels de la critique ont regrettés cette “européïsation” , ignorant sans doute que l’Argentine moderne est issus d’alluvions successifs d’immigration européenne…Au lieu d’une altérité frappante, le mélange a donné un ton original, évidemment moins facile à saisir que les explosions bariolées du cinéma brésilien. L’identité du cinéma argentin peut donc paraître aussi problématique que cette identité nationale, sans cesse débattue par les argentins eux-mêmes.

Le regard proche est, lui, loin d’être infaillible. L’attachement sentimental aux “chefs d’oeuvre” peu fréquentés, la paresse d’entreprendre des réévaluations et les passions politiques ont diversement contribué à laisser dans l’ombre des oeuvres originales, à confirmer des valeurs périssables.

La sélection d’Alain et Philippe Jalladeau a le mérite de ne pas dissimuler qu’il s’agit d’un regard étranger, mais d’avoir enrichi, contesté, nuancé cette distance par un visionnage sur place leur ayant permis de confronter les images et les sons du cinéma aux visages, voix, gestes et musiques de la vie, impressions fortes leur ayant permis de débarrasser leur regard des palmarès européens tout comme des académies sud-américaines. Elle constitue donc un premier rapport indispensable à la connaissance d’un cinéma et d’un pays où violence et esthétisme, greffes et originalité se croisent à des points toujours inattendus, parfois exceptionnels.

Alberto TOBBIA

 

L’Argentine est un pays déroutant. Il ressemble à l’Europe, mais ce n’est pas l’Europe. La ressemblance est telle que c’en est un piège.

On pourrait parfois penser à un film de Science Fiction où on aurait reconstruit l’Europe sur une autre planète. Hors de ces apparences, l’Argentine possède aussi cette dose d’irrationnel qui fait le charme de l’Amérique Latine.

Cela dit, on peut approcher la culture argentine, son cinéma, le Tango et Isabel Sarli. A Buenos Aires, lorsque nous avons visionné les films argentins, nous avons redécouvert un auteur : Leopoldo Torre Nilsson, découvert un grand cinéaste, Leonardo Favio, et aimé quinze autres films signés pour quinze réalisateurs. C’est celle sélection que vous aurez sur vos écrans, pour vous procurer toutes les émotions et la nostalgie “Porteno”.

Philippe JALLADEAU

 

 

 

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