Images multiples, lieu unique / rencontre avec les artistes autour de l'installation 2009

Colombie : Juan Recaman
Juan Recaman naît à Bogota en Colombie
en 1973. Son travail cinématographique
(film super 8) et vidéographique qui puise
largement à la source d’une inspiration
fondamentalement documentaire a été
largement exposé en Amérique du Nord
(San Francisco, Los Angeles, Philadelphie,
Montréal, et New York où il réside
actuellement) et dans son pays d’origine
mais demeure peu connu en Europe à
l’exception de quelques présentations à
Oberhausen ou à Helsinki.
Iran : Mitra Farahani
Elle est née en 1975 à Téhéran. Dès
l’âge de 14 ans et pour une période
de huit ans, elle effectue des stages
chez des maîtres de l’art pictural en
Iran afin de se former au dessin et
à la peinture. De 1993 à 1998, elle
assiste notamment le maître Nami
pour enseigner la peinture. Elle obtient,
en 1997, une licence de graphisme à
l’université de Téhéran et arrive en
France en 1998, comme résidente de
la Cité internationale des Arts où elle étudie à l’École Nationale
Supérieure des Arts Décoratifs (Paris). Filmographie : Juste une
femme (2001), Zohre et Manouchehr / Tabous (2004, présenté
au Festival des 3 Continents 2004), Le Temps suspendu (2006,
documentaire consacré à la célèbre peintre iranienne Behjat Sadr).
En 2007, elle participe à la résidence de la Cinéfondation du
Festival de Cannes, avec son nouveau projet Le Coq.
Le 17 juin dernier, la cinéaste et peintre, Mitra Farahani, Iranienne
vivant en France depuis 1998, est arrêtée à sa descente d’avion, sur
l’aéroport de Téhéran. Placée en garde à vue, elle est conduite deux
jours plus tard à la prison d’Evin. Après un début de mobilisation
médiatique et de professionnels du cinéma mondial, Mitra Farahani
est remise en liberté sous caution le 30 juin 2009, mais elle n’est
pas libre de quitter l’Iran et elle subit des interrogatoires quotidiens
des services de sécurité. Elle est supposée attendre un procès…
Si elle est aujourd’hui libre mais toujours à Téhéran, elle ne sait
pas encore si elle pourra continuer à filmer la société iranienne et
le tournage de son prochain film est compromis.
De la présentation de ses oeuvres au Lieu unique, dans le cadre du
31e Festival des 3 Continents, elle écrit :
« Depuis quelques années, je peins d’immenses paravents. J’aimerais
bien présenter l’un de ces paravents accompagné de quelques
dessins dont le sujet serait relatif aux sujets du paravent.
Ces paravents ont un lien direct avec le cinéma. Si dans une première
période de mon parcours, c’est surtout la trace de la peinture qui
a marqué mes films, depuis quelques années, c’est le cinéma qui
s’introduit dans ma peinture. Cette trace apparaît notamment à
travers des dispositifs évoquant des séquences cinématographiques.
Les peintures en triptyque se sont succédé ainsi avant d’aboutir aux dispositifs de type paravent, avec de multiples volets, chaque
élément ou chaque volet rappelant une séquence filmique. (…) Le
dispositif de paravent, et l’espace d’entre-deux qu’il produit, répond
plus que jamais à ce désir d’interférence de la peinture et du cinéma
que j’ai toujours porté en moi.»
Un projecteur vidéo installé au plafond projettera une vidéo au sol, sur
un grand bassin, très peu profond, rempli de quelques centimètres
d’eau… Une forte relation sera présente entre cette installation
et les travaux présentés dans la salle, car il s’agira toujours de la
représentation de l’eau.
Sont également présentés ses films en tant que réalisatrice. Son premier
documentaire, Juste une femme (2001, 26’ – récit des premiers jours
en tant que femme de Morvarid, une transexuelle prostituée à Téhéran),
son long-métrage Tabous (2004, présenté au Festival des 3 Continents
2004 – une réflexion sur l’amour et la sexualité dans la société
iranienne), et son dernier documentaire, Le Temps suspendu, autour de
la célèbre peintre iranienne, Behjat Sadr. En rapport avec ce dernier film,
quelques peintures représentatives de l’oeuvre de cette immense artiste
iranienne récemment disparue, seront exceptionnellement exposées.
Avec l’aimable autorisation de la Galerie Frédéric Lacroix à Paris et de Mitra Goberville.
Maroc : Bouchra Khalili
Bouchra Khalili est née à Casablanca, Maroc, en 1975. Elle vit
et travaille actuellement à Paris. Après des études de cinéma à
l’Université de Paris 3-Sorbonne Nouvelle, elle obtient le diplôme de
l’Ecole Nationale Supérieure d’Arts de Paris-Cergy. Ses recherches
vidéographiques récentes (support mono-bande et installations)
abordent principalement la notion de frontière, de déplacement
et les trajets migratoires. Son travail a été internationalement
présenté (Paris, New York, Genève, Madrid, Berlin, Guangzhou…).
