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L’événement du Festival des 3 Continents cette année, c’est à coup sûr l’intégrale des films du réalisateur indien Sa-tyajit Ray. Car, si son nom est reconnu depuis longtemps, sou-vent associé à deux ou trois titres (Charulata, Le salon de musique, la trilogie d’Apu ...), qui a pu voir, ces dernières années, ses films et, a fortiori, tous ses films ?
Pourtant, les films de Ray valent le déplacement. Qu’on en juge. Le critique français Charles Tesson : « Toutes proportions gardées, Ray a réalisé seul ce que la Nouvelle Vague, en France, plus tard, a généré collectivement» (Satyajit Ray - Cahiers du Cinéma). Le critique américain Manny Farber : « Les malins du cinéma - Satyajit Ray, Godard, Warhol, George Cuckor (de temps à autre) - comprennent que le paysage contemporain relève du Fouillis et que leur problème consiste à trouver la technique de désordre digne de cette discordance. » (Espace négatif - P.O.L). Ajoutons, pour compléter le tableau, quelques mots pour le moins définitifs du réalisateur japonais Kurosawa : «Ne pas avoir vu les films de Ray, c’est comme vivre sans voir le soleil ou la Lune» et notons que l’Oscar attribué à Ray pour l’ensemble de son oeuvre en 1992 fut remis conjointement par Elia Kazan, Martin Scorcese et Georges Lucas.
Voilà, l’adoubement est éloquent et le personnage est posé : Ray est tout simplement un des très grand de l’histoire du cinéma. Né à Calcutta en 1921 d’une famille très cultivée, il est vite fasciné par le cinéma et la musique classique occidentale. Il débute cependant sa carrière de réalisateur assez tard, sous les auspices de Jean Renoir, qu’il accompagne en repérage pour le tournage du Fleuve en 1949. Il met les encouragements du français à profit et débute son premier film, La complainte du sentier, en 1952. Les méthodes de tournage s’inspirent largement de Renoir, mais aussi de celles des premiers films néo-réalistes italiens, que Ray a pu voir lors d’un voyage à Londres : tournage en extérieur, acteurs non professionnels, scénario souple.
Après un tournage mouvementé et interrompu, le film est un succès, à la fois pu-blic et critique (il est distingué à Cannes). Trente-sept films suivront, d’inspira-tions très diverses, du film d’aventure pour enfants (les deux Ghoopy et Bagha par exemple) au drame social (Company limited) en passant par le policier joyeux (Le dieu éléphant) ou le film noir (L’expédition).
Satyajit Ray est mort en 1992.
FICTIONS
Pather Panchali (La complainte du sentier) -1955
Aparajito (L'invaincu) - 1956
Parash Pathar (La pierre philosophale) - 1958
Jalsaghar (Le salon de musique) - 1958
Apur Sansar (Le monde d'Apu) - 1959
Devi (La déesse) - 1960
Teen Kanya (Trois femmes) - 1961
Kanchanjungha 1962
Abhijan (L'expédition) - 1962
Mahanagar (la grande ville) - 1963
Charulata 1964
Kapurush (Le lâche) - 1965
Mahapurush (Le saint) - 1965
Nayak (le héros) - 1966
Chiriakhana (La ménagerie) - 1967
Goopy Gyne Bagha Byne (les aventures de Goopy et Bagha) - 1968
Aranyer Din Ratri (Des jours et des nuits dans la fôret) - 1969
Pratidwandi (L'adversaire) - 1970
Seemabaddha (Company limited) - 1971
Ashani Sanket (Tonnerre lointain) - 1973
Sonar Kella (La forterresse d'or) - 1974
Jana Aranya (L'intermédiaire) - 1975
Shatranj Ke Khilari (Les joueurs d'échecs) - 1977
Joi Baba Felunath (Le dieu eléphant) - 1978
Hirak Rajar Deshe (Le royaume des diamants) - 1980
Pikoo 1980
Sadgati (Délivrance) - 1981
Ghare Baire (La maison et le monde) - 1984
Ganashatru (Un ennemi du peuple) - 1989
Shakha Proshakha (Les branches de l'arbre) - 1990
Agantuk (Le visiteur) - 1991
DOCUMENTAIRES
Rabindranath Tagore 1961
Two 1964
Sikkim 1971
The Inner Eye 1972
Bala 1976
Sukumar Ray 1987
Outre les 30 longs métrage de Ray et 7 courts et documentaires (+ d'info), on pourra voir :
Le fleuve - Jean Renoir - France (1949)
Shakespeare Wallah - James Ivory - USA (1965)