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Julio Bracho

 

A consulter : arbre généaologique de la famille Bracho

 

LA SELECTION

La mujer del puerto (La femme du port) - Arcady Boytler - 1933
Andrea Palma joue le rôle titre d'un des plus flamboyants mélos d'un cinéma peu avare d'excès.

Historia de un gran amor (Histoire d'un grand amour) - Julio Bracho - 1942
Distinto amanecer (Nouveil éveil) - Julio Bracho) - 1943
La même dans un très beau film noir.
La mujer de todos (La femme de tout le monde) - Julio Bracho - 1946
Maria Felix en femme fatale.
Aventurera (Aventurière) - Alberto Gout - 1949
La sombra del caudillo (L'ombre du caudillo) - Julio Bracho - 1960
Féroce satire politique, interdite 30 ans.
Tlayucan - Luis Alcoriza - 1961
La très ironique histoire d'un miracle, scénographiée par Jesus Bracho.
Castillo de la pureza (Le château de la pureté) - Arturo Ripstein - 1972
Diana Bracho dans le 4e film de Ripstein
Redondo - Raul Busteros - 1984
¿Qué me va a hacer ? (Qu'allez-vous me faire ?) - Alejandra Cordero Leon - 2001
¿Francisca desde que lado estas ? (Francisca, de quel côté es-tu ?) - Eva Lopez Sanchez - 2002



TROIS GÉNÉRATONS DE CINÉMA MEXICAIN : HOMMAGE À LA FAMILLE BRACHO

 

Julio le réalisateur de près de 50 films, Jésus le décorateur (entre autres de Bunuel), Andrea et Diana les actrices, Julio II l'acteur.

La famille Bracho a marqué et marque la très riche histoire du cinéma mexicain, depuis les débuts de son âge d'or, dans les années 30. La première génération est une fratrie : Andrea Palma, première diva mexicaine, Julio Bracho, réalisateur et Jesus Bracho décorateur, notamment pour Bunuel. Diana, fille de Julio, est une des grandes actrices du Mexique depuis les années 60. Et Julio II, petit fils du même, en est une des étoiles montantes.

Andrea Palma, la "femme du port"

Née en 1903 d'une famille de la haute bougeoisie mexicaine, elle tient son premier rôle dans La mujer del puerto en 1933. Le film, un des plus flamboyants mélos d'un cinéma qui n'est pas avare d'excès, fait d'elle la première diva mexicaine. Sa carrière, pratiquement sans interruption jusqu'en 1979, est constituée de 85 rôles, pour le grand écran comme pour la télévision. Elle est morte en 1987.

Julio Bracho, le metteur en scène

Il est né en 1909. Frère d'Andrea Palma et de Jesus, c'est, avec Emilio Fernandez, un des metteurs en scène qui incarne le mieux l'âge d'or du cinéma mexicain. D'abord metteur en scène de théâtre, il a réalisé 50 films de 1941 à sa mort en 1978, dont quelques chefs d'oeuvres : Distinto amanecer ou La Sombra del caudillo, que sa férocité politique poussa le pouvoir à interdire 30 ans.

Jesus Bracho, le décorateur

Né en 1910, il commence sa carrière de décorateur en 1942, pour Emilio Fernandez (Soy puro mexicano). Jusqu'en 1963, il collabore à 85 films, travaillant notamment pour Bunuel (3 films) ou pour le très intéressant Luis Alcoriza.

Diana Bracho, la grande actrice

Fille de Julio, elle est née en 1944. Ses premiers rôles lui ont été confiés par Arturo Ripstein (Castillo de la pureza, El santo officio). Actrice au cinéma et à la télévision (50 rôles) mais aussi au théâtre, elle est depuis 2002 présidente de l'Académie des sciences et arts du cinéma.

Julio Bracho II, la troisième génération

Né en 1970, c'est un des petit-fils de Julio (et fils de Jorge Bracho, qui fut le chanteur d'un groupe de rock, Los Monjes). Acteur, il est une des étoiles montantes du Mexique.

La famille Bracho est devenue une icône de la cinématographie mexicaine. Originaires de Durango, trois des frères et sœurs Bracho, Guadalupe, Julio et Jesus, nés au tout début du XXe siècle, vont se consacrer au cinéma. Des années plus tard, deux descendants de Julio, sa fille Diana et son petit-fils Julio, continuent la légende cinématographique. Dès son plus jeune âge, Guadalupe Bracho a appris à confectionner des chapeaux et a travaillé à Londres au magasin La Ciudad. Vers 1927, elle monte son propre magasin appelé Casa Andrea. Par son métier, ayant fréquenté le milieu du théâtre, Guadalupe, qui aimait l'interprétation, a pu débuter comme comédienne au théâtre Arbeu dans la pièce Maya, en remplacemment de la comédienne Isabela Corona.
Par la suite, son expérience comme modiste l'amène à réaliser des modèles exclusifs pour la diva de Hollywood Marlène Dietrich. A partir de là, Guadalupe poursuit sa carrière artistique et devient, grâce à son début dans le film " La mujer del puerto " (La Femme du port), la première diva du cinéma mexicain : Andrea Palma.
Les deux petits frères de Andrea, Julio et Jesus Bracho se sont distingués respectivement comme réalisateur et comme décorateur. Dans son travail, Jesus a suivi l'enseignement de Manuel Fontanals, le décorateur le plus réputé du Mexique. Parmi les films dont la décoration a été conçue par Jesus Bracho, on compte " Doña Bárbara " de Fernando de Fuentes, " Tiburoneros " (Pêcheurs de requins) et " Tlayucan ", les deux de Luis Alcoriza, " El ángel exterminador " (L'Ange exterminateur) et " Ensayo de un crimen " (La Vie criminelle d'Archibald de La Cruz) de Luis Buñuel, et " Cantaclaro ", " La cobarde ", " Historia de un corazón ", " Inmaculada ", " Llévame en tus brazos ", " María la voz ", " La mujer de todos " (La Femme de tous), " Mujeres que trabajan ", " Paraíso robado ", " Rosenda ", " San Felipe de Jesus " et " La sombra del caudillo ", films réalisés par son frère Julio Bracho, qui a révolutionné le théâtre au Mexique dans les années trente et qui a été l'un des réalisateurs les plus prestigieux de l'âge d'or du cinéma national. Ses films se caractérisent par leurs qualités esthétiques, par les gros-plans de stars, et portent toujours sa touche personnelle qui peut être la présence de trains - " Distinto amanecer " (Aube différente), " Rosenda ", " Rostros olvidados ", " Paraíso robado " - la corruption des syndicats - " Distinto amanecer " (Aube différente), " Llévame en tus brazos ", " Espejismo de la ciudad "- ou la présence de différents genres de musique, car Julio Bracho était un mélomane.
La fille de Julio, Diana Bracho, après avoir suivi des études de philosophie et lettres à New York, décide de tenter sa chance comme actrice. En 1973, alors qu'elle participe à un atelier d'interprétation avec José Luis Ibáñez, Diana est appelée par le cinéaste Arturo Ripstein pour participer à son film " El castillo de la pureza " (Le château de la pureté).
Depuis, elle continue à jouer dans des films sous la direction des plus prestigieux réalisateurs des années 70, comme " El Santo Oficio " (L'Inquisition), de Ripstein également, " El cumpleaños del perro " de Jaime Humberto Hermosillo, " Actas de Marusia " de Miguel Littin et " Las Poquianchis " de Felipe Cazals, parmi beaucoup d'autres, devenant ainsi l'un des visages les plus côtés du cinéma de ces années. Plus tard, Diana Bracho deviendra la première comédienne du théâtre mexicain, actuellement présidente, pour deux mandats consécutifs, l'Académie mexicaine de Sciences et Arts cinématographiques. Récemment, le neveu de Diana, Julio, fils de son frère Jorge, s'est tourné lui aussi vers l'interprétation, ayant participé de façon remarquable à des films comme " ¿De qué lado estás? " de Eva López Sánchez et " Zapata " de Alfonso Arau, et à plusieurs courts-métrages, assurant ainsi la continuité de la dynastie Bracho.

Jesús Ibarra Texte traduit de l'espagnol par Inès Introcaso

 

On a souvent dit que le cinéma était une affaire de famille. Tout a peut-être commencé avec les frères Lumière.
Le couple " cinématographique " participe d'une certaine logique, une rencontre possible " avec plus, si affinités " : les réalisateurs et les actrices le plus souvent, mais parfois, aussi courant, le couple réalisateur-réalisatrice. La filiation relève sans doute d'une osmose environnementale.
On pourra citer les couples Varda-Demy, Bergman-Rossellini, Minnelli-Garland et leurs descendants, Mathieu, Isabella, Lisa, mais aussi les pères et fils (ou filles) Chaplin, Depardieu, Stévenin et d'autres.
Les frères et sœurs ont des liens professionnels moins évidents a priori ; on trouvera Francis et John Ford, les célèbres Marx Brothers (4 au départ), les non moins célèbres frères Warner, Taviani, les moins connus frères Kaufman (dont l'un est Dziga Vertov), les sœurs Breillat, Poliakoff (Marina Vlady et Odile Versois), Dorléac (Catherine Deneuve et Françoise Dorléac) Bardot (Brigitte et Mijanou), Gish... dont la célébrité de l'un (ou de l'une) dépasse souvent celle de l'autre. Dans l'ensemble, cela relève d'une ou de deux générations.
Mais il est un cas quasi unique dans l'histoire du cinéma mondial : la famille Bracho qui durant 3 générations a donné des acteurs, actrices, cinéastes, décorateurs parmi les plus célèbres : depuis l'époque du muet (Ramon Novarro) et jusqu'à nos jours (le jeune acteur Julio Bracho Jr, célèbre star de télénovelas mexicains), en passant par ceux qui illustrèrent l'âge d'or du cinéma mexicain : le réalisateur Julio Bracho, les actrices Dolorès del Rio et Andréa Palma, le décorateur Jesus Bracho et plus récemment Diana Bracho qui débuta brillamment chez Arturo Ripstein.

Philippe Jalladeau

 



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