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DU GLAMOUR DANS LE CINÉMA AFGHAN
(LA FEMME DANS LE CINÉMA AFGHAN)

2002 : Les Taliban ont été chassés. Le cinéma afghan redémarre sur le terrain, sous la forme de courts-métrages de fiction. Les personnages féminins qui s'y trouvent sont des petites filles ou des grand-mères.
2003 : La tendance se maintient, mais les petites filles sont parfois devenues de toutes jeunes filles (Osama). La femme adulte n'est pas de mise. Censure ou peut-être autocensure ?
2004 : Première visite à Kaboul. Première impression : il n'y a pas de femmes à Kaboul ; du moins dans la vie quotidienne, à l'extérieur, dans les rues, dans les hôtels, même à l'école de cinéma où paraît-il, des étudiantes sont inscrites. Lors d'une rencontre avec la profession cinématographique afghane, 70 personnes étaient présentes dont 3 femmes.
L'une dans la soixantaine, se présente comme une actrice, non par vocation mais par nécessité, car elle meurt de faim avec un maigre salaire, à l'hôpital.
Dans un court-métrage présenté - médiocre par ailleurs - une femme est maltraitée par son mari. Toutefois, la réalité dépassera la fiction puisque l'actrice a, par la suite, été tuée par son mari pour avoir joué dans le film.
Dans la société kaboulie actuelle, l'heure n'est pas venue d'être actrice. Le poids des Taliban est encore trop présent et, par conséquent il y a peu d'actrices, pas de vrais rôles féminins dans la fiction, sauf à faire jouer des Iraniennes ou des Pakistanaises en attendant le retour des actrices émigrées (parties parfois en catastrophe, allant jusqu'à brûler leurs photos au cas où elle tomberaient entre les mains des Taliban), ou la maturité des petites jeunes filles.
Et pourtant du glamour, il y en a eu dans le cinéma afghan avec des séductrices et des femmes qui font rêver.
Les débuts avaient été difficiles puisque les rôles féminins avaient été joués par des hommes habillés en femmes, puis par des étrangères. Mais, après le développement du cinéma, à la fin des années 60, les rôles féminins ne manquèrent pas et les jolies femmes non plus. Les scripts déroulaient des histoires d'amours impossibles où les hommes ne pouvaient atteindre des femmes de rêve, belles, bien évidemment, qui pouvaient marcher dans les rues en minijupe et cheveux au vent.
Siamo et Jalili, Le Prétendant, Ashker le bouffon, Epopée de l'amour, La Promesse des hommes, etc., en témoignent. Tout cela dura 20 ans.
A partir de la fin des années 80 et pendant la guerre civile, jusqu'à l'avènement des Taliban, le glamour n'a plus sa place. Dans le réalisme des films de guerre, la femme n'est plus qu'une victime, épouse ou veuve éplorée, ou pour le mieux une infirmière.

Philippe Jalladeau

 

Autres documents disponibles :
- Brève histoire du cinéma afghan
- Une histoire dans l'histoire
- Liste générale des longs métrages de fiction afghans

 



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