70 ANS DE CINEMA CHINOIS
Le Festival s'associe à l'Année de la Chine, dont il
sera l'une des premières manifestations. C'est l'occasion de mieux connaître
un cinéma qui recèle encore d'assez grandes surprises, en particulier
pour la foisonnante période qui précède l'avènement au pouvoir des communistes
en 1949. Avant cette date, la Chine connait une longue période extrêmement
troublée, marquée par l'invasion japonaise (à partir de 1931) et de
nombreux ferments de guerre civile.
Malgré ce contexte, le cinéma chinois d'avant 1949
est extrêmement actif. Il se développe d'abord à Shanghai dans les années
20, et notamment à la fin de la décennie, qui voit l'avènement des premiers
films de sabre (le wuxia pian). Pendant une grande moitié des années
30, alors que ses producteurs (et notamment les Shaw Brothers) développent
une activité à Hong-Kong, Shanghai connait une grande effervescence
esthétique. C'est à la fois l'époque des grandes stars (Hue die et Ruan
Lingyu) et des premiers auteurs reconnus comme tels (Sun Yu par exemple
a tourné la moitié de ses 20 films entre 1928 et 1937). Alors que l'usage
du cinéma muet se prolonge, (il co-existe avec le parlant entre 1931
et 1937), un ensemble de scénaristes et metteurs en scène "progressistes",
et notamment Sun Yu, Shen Xiling et Cai Cusheng, créent des mélodrames
réalistes et sociaux très marquants. A partir de 1938, le cinéma de
Shanghai survit replié dans les concessions étrangères (tandis que Hong
Kong débute l'essor qu'on lui connait). Mais dès 1946, et malgré la
guerre civile, les cinéastes de gauche reprennent avec bonheur la veine
réaliste des années 30.
Après la révolution
L'arrivée au pouvoir des communistes marque évidemment
une rupture forte. Les metteurs en scène marquants de la période
précédente cessent assez rapidement leur activité
(mais on pourra voir au F3C La vie de Wu Xun, film fleuve de Sun Yu
de 1950, longtemps invisible par une décision personnelle de
Mao) ou la poursuivent à Hong-Kong (c'est le cas de Zu Shilin).
Dans les années 50, l'activité cinématographique
est assez intense et parmi les films de propagande, émergent
quelques auteurs (dont Xie Jin et Cen Fan). A partir du milieu des années
60, la Révolution culturelle porte un coup brutal à la
production. Au début des années 70, seuls 8 films ("les
8 opéras modèles") occupent en boucle les écrans
(y compris de télévision). La production reprend timidement
à la fin des années 70 (les vétérans Xie
Jin et Cen Fan - avec La véritable histoire d'Ah Q - sont toujours
là) pour se développer fortement au cours des années
80 (avec la fréquentation qui dépassent alors les 20 milliards
d'entrées). Et on voit apparaître une nouvelle génération
de metteurs en scène : Chen Kaige (Terre jaune en 1984) puis
Zhang Yuan et Ning Ying (Pour le plaisir en 1992).
Cinéma chinois : des origines à la 5ème
génération (1930 - 1990)
Deux
étoiles dans la voie lactée Yinhe Shuangxing - Shi
Dongsan - 1931
Une
rose sauvage Ye meigui - Sun Yu - 1932
Le
marché de la tendresse Zhifen Shichang - Zhang Shichuan -
1933
La
divine Shen nü - Wu Yonggang - 1934
Les
anges du boulevard - Yuan Muzhi - 1937
L'arrivée
du printemps parmi les hommes - de Fei Mu - 1937
Huit
mille lis de lune et de nuages Baqianli lu yun he yue - Shi Dongsan
- 1947
Le
printemps d'une petite ville Xiaocheng zhi chun - Fei Mu - 1948
La
vie de Wu Xun Wu Xun Zhuan - Sun Yu - 1949
La
basketteuse numéro cinq Nulan wu hao - Xie Jin - 1957
The
Wild Wild Rose Ye Meigui Zhi Lian - Wang Tianlin - 1960
Le détachement féminin rouge Hongse niangzijun - Xie
Jin - 1960
Le
détachement féminin rouge Hongse niangzijun - Cheng
Yin - version ballet - 1972
La
rivière sauvage Meiyou hangbiao de heliu - Wu Tian Ming -
1983
La
grande parade Da yue bing - Chen Kaige - 1985
Une
femme honnête Liangjai funu - Huang Jianzhong - 1985
Dans
les montagnes sauvages Ye Shan - Yan Xueshu - 1985
Le
Sorgho rouge Hong goaliang - Zhang Yimou - 1987
Un
matin couleur de sang Xuese qingchen - Li Shaohong - 1990