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"Pakkezah" - Kamal Amrohi (1972)


Programme Bollywood et avant

CHANDNI BAR - M. Bhandarkar
DEVDAS - Barua (Bengali) - 1935
DEVDAS - Barua (Hindi) - 1935
DEVDAS - Bimal Roy - 1955
DEVDAS - Sanjay Leela Bhansali - 2002
MOTHER INDIA - M. Khan
MUGHAL E AZAM (Le grand moghol) - K. Asif
PAKEEZAH (Coeur pur) - Kamal Amrohi
SRI 420 (Monsieur 420) - Raj Kapoor
KAAGAZ KE PHOOL (Fleurs de papier) - Guru Dutt


BOLLYWOOD ET AVANT

Le cinéma indien est extrêmement prolifique. On compte 7 à 800 films par an, avec des pointes à plus de 900 ! 905 exactement en 1985, par exemple. La plus grande partie de cette production est le fait des cinémas dits régionaux, bengali, tamoul malayalam... Car l'Inde compte 22 états et 17 langues principales. Bollywood à proprement parler désigne les films commerciaux des studios de Bombay, tournés en hindi. Si Bollywood n'est pas majoritaire quantitativement (environ un quart), c'est en revanche le modèle et le grand pourvoyeur de hits nationaux. Et un critique (Bikram Singh) a pu écrire que "le film hindi est à l'Inde ce que le film hollywoodien est au reste du monde".

Si le surnom Bollywood date des années 70, la chose elle-même est bien plus ancienne. Bombay a forgé sa suprématie commerciale dès le début de l'histoire du cinéma indien, avec le premier long-métrage (Raja Harishchandra de Dadasaheb Phalke en 1913). Mais le genre "Bollywood" devra attendre 1931 et le parlant pour prendre vraiment consistance . Car il n'y a pas de Bollywood sans chanson. Pour le reste, comme tout cinéma industriel, Bollywood connaîtra des périodes novatrices (nouveaux genres, nouvelles manières de filmer, nouvelles vedettes et parfois vrais chefs-d'oeuvre) et des périodes d'épuisement. Au rang des premières on compte le milieu des années 30 (avec le Devdas de PC Barua) ou les années 50 qui voient apparaître les super-productions (dont Mugal E Azam de Kamal Amrohi, dont le tournage dura 9 ans), d'immenses films de grands metteurs en scène (Raj Kapoor, Bimal Roy, Guru Dutt, Mehboob Khan ...) et les premières reconnaissances internationales (le Mother India de M. Khan est nommé aux oscars en 1957). Mais aussi les années 70 avec les héros durs à cuire incarnés notamment par Ahmitab Bachnan, par exemple dans le colossal succès du western (si, si !) Sholay (Ramesh Sippy) en 1975. Les hauts et bas esthétiques n'excluent cependant pas la continuité, affective d'abord (Mother India ou Sholay sont encore régulièrement projeté devant des salles pleines) et narratives ensuite.

L'émerveillement des films muets

Car si Bollywood a le goût de la chanson, il a tout autant un fort penchant pour l'exubérance narrative et le mélodrame : on ne saurait pas compter les familles séparées puis réunies, les vengeances, les déchéances, les rédemptions, les amours impossibles ... Ni d'ailleurs les mutilations, les larmes ou les coups de fouets. Cette éxubérance s'exprime aussi dans la répétition des scénarios (Devdas a été adapté 7 fois !), le recyclage ou le plagiat éhonté (mais à Bollywood un film dure trois heures et pour tenir il faut de la matière - ainsi un récent succès Kuch Kuch Hota Hai démarque d'abord Grease , avant l'entracte, pour basculer ensuite dans Nuits blanche à Seattle !). C'est sans doute grâce à cette absence de complexe que Bollywood reste capable de provoquer, entre premier et second degré, l'émerveillement des films muets.

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