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LES CINEASTES ARABES DU MOYEN-ORIENT

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L'histoire du cinéma palestinien

Le long métrage palestinien apparaît dans les années soixante-dix avec le film de Kassem Hawel : "Le retour à Jaffa". Après le déplacement du lieu d'activité du cinéma palestien, on assiste à son épanouissement avec les films de Michel Khleifi puis Rachid Masharawi et Elia Suleiman et Ali Nassar.

Les débuts se situent en fait dans les années 40. la ville de Jaffa en était le centre. Des salles de cinéma se créent comme le cinéma "Al-Hamra". On sait que plusieurs tentatives de longs métrages ont eu lieu à Jaffa. On a recueilli des témoignages de personnes aujourd'hui agées70 ans qui ont participé comme comédiens à des films tournés à l'entrée de la vieille ville de Jérusalem, comme par exemple Jamal Al Asfar ou Ahmed Hilmi Alkilani. Le film "Le rêve d'une nuit", sans doute le premier long métrage palestinien, a été tourné en Palestine en 1948. Ce film cité par Georges Sadoul dans "L'histoire du cinéma dans les pays arabes" a pu être vu au Cinéma Al Patra à Amman, comme l'indique l'historien du cinéma palestinien Hassan Abou Ohnreimeh dans un article, au début des années 70.
Cependant, il a été considéré comme film égyptien, car le nom de son réalisateur, Salah Baderkhan, prêtait à confusion avec celui de plusieurs réalisateurs égyptiens encore en activité de nos jours. Hassan Abou Ohnreimeh affirme que Salah Baderkhan est un Palestinien qui outre ce film, en aurait réalisé d'autres.
Dans les années 60 et 70, le cinéma palestinien apparaît en Jordanie. Il suit au Liban l'Organisation de Libération de la Palestine. L'Organisation de Libération a créé une section cinéma dans la section culturelle. Plusieurs organismes, comme le F.P.P.L.P., F.P.L.P. ont réalisé plusieurs documentaires. Au début, le cinéma a contribué au renouveau de la résistance palestinienne. Ensuite, les rapports avec le pays se font à travers la mémoire. Le désir de revoir leur patrie est fort comme la force du dénuement imposé par Israël. Pour cette raison, plusieurs réalisateurs tels que Ghaleb Shaath ("La clef"), Kais Zubeidi ("Le pays aux fils barbelés") ont utilisé comme matière première des films que des équipes européennes ont tourné en Palestine avec leur accord. En 1980 sort le premier film de Michel Khleifi, "La mémoire fertile". C'est la première fois qu'un réalisateur palestinien filme lui-même son pays. Ce film a été le signal du déplacement du centre de gravité du pays, que l'on retrouve dans ses trois autres films comme "Noce en Galilée", "Le cantique de la pierre", "Conte des trois diamants". Tous ces films sont allés au-delà des problèmes, des catastrophes et de la nostalgie du pays. Ils se sont immergés dans la société palestinienne pour mieux ressentir les problèmes des différentes générations et de tous les courants de pensée.
Puis, Rachid Masharawi, Elia Suleiman et Ali Nassar ont suivi, mais apparemment il y aurait depuis un ralentissement de la réalisation de long métrage car Michel Khleifi n'en a pas tourné depuis 1994 et Rashid Masharawi depuis 1995. Elia Suleiman qui n'a tourné qu'un seul long métrage se bat pour faire son second film.
Le financement de ces films provient en majorité de l'Europe, mais il semble que l'Europe a d'autres priorités ou croit que les Palestiniens vivent une période de paix, depuis les accords d'Oslo, leur permettant de se prendre en charge eux-mêmes.
En tous cas, en Palestine, une nouvelle génération de cinéastes voit le jour, ils utilisent la vidéo comme moyen d'expression. Ils tournent des documentaires, certains veulent rester dans ce registre comme Azza Al-Hassan et Nizar Hassan et d'autres attendent l'opportunité de faire un long métrage comme Subhi Zubeidi.
Les autorités palestinienne ont d'autres priorités que le cinéma. La télévision palestinienne a été très décevante après les accords d'Oslo et est très loin d'aider la production cinématographique. Mais l'éveil du cinéma prend de l'ampleur, les universités commencent à créer des options "Media" et certaines d'entre elles s'orientent vers le cinéma et la télévision. Un grand nombre d'étudiants s'inscrivent dans cette discipline, et, pour cette raison, nous espérons que le déclin sera de courte durée.

Georges Khleifi
Traduit de l'arabe par Maher Anjari

 

Séléction 1999 - Palestine

Michel KHLEIFI - Noce an Galilée (Urs Fi Al-Jalîl) - 1987

Rashid MASHARAWI - Haifa - 1995

Elia SULEÏMAN - Chronique d'une disparition (Segell Ikhtifà) - 1996

 

 



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