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Alberto Martinez Resortes

 

 

 

 

 

Rosa Carmina

 

 

 

 

 

Gilberto Martinez Solares

 

MEXIQUE 20 ANS DE RUMBERAS :

La femme du port (la mujer del puerto) - Arcady BOYTLER - 1933
Siboney - Juan OROL - 1938
Tania, la belle sauvage (tania, la bella salvaje) - Juan OROL - 1947
Le royaume des gangsters (el reino de los gangsters) - Juan OROL - 1953
Les bas-fonds de Mexico (salon mexico) - Emilio FERNANDEZ - 1948
Tendres courgettes (ah, les belles gambettes!) (calabacitas tiernas (ay, qué bonitas piernas!)) - Gilberto MARTINEZ SOLARES - 1948
On a tué Tongolélé (han matado a tongolele) - Roberto GAVALDON - 1948
Le roi du quartier (el rey del barrio) - Gilberto MARTINEZ SOLARES - 1949
Perdue (perdida) - Fernando A. RIVERO - 1949
Aventurière (aventurera) - Alberto GOUT - 1949
Au son du mambo (al son del mambo) - Chano URUETA - 1950
La chair à vif (en carne viva) - Alberto GOUT - 1950
Le gentil (el suavecito) - Fernando MENDEZ - 1950
Quartier interdit (victimas del pecado) - Emilio FERNANDEZ -
Sensualité (sensualidad) - Alberto GOUT - 1950
Dansez mon roi (baile mi rey) - Roberto RODRIGUEZ - 1950
Du Can Can au Mambo (del can can al mambo) - Chano URUETA - 1950
Femmes sacrifiées (mujeres sacrificadas) - Alberto GOUT - 1951
Nuit de perdition (noche de perdicion) - José DIAZ MORALES - 1951
Voyageuse (viajera) - Alfonso PATINO GOMEZ - 1951
Aventure à Rio (aventura en rio) - Alberto GOUT - 1952
La déesse de Tahiti (la diosa de tahiti) - Juan OROL - 1952
Sandra la femme de feu (sandra la mujer de fuego) - Juan OROL - 1952
Rumba chaude (rumba caliente) - Gilberto MARTINEZ SOLARES - 1953
Le mariachi inconnu (el mariachi desconocido) - Gilberto MARTINEZ SOLARES - 1953
Mulâtresse (mulata) - Gilberto MARTINEZ SOLARES - 1953


MEXIQUE : LAS RUMBERAS

(Programme du 14ème Festival des 3 Continents, Novembre 1992)

1,3,4,5,6,7,8.......... Mambo !

Le cinéma mexicain de l'époque dorée est d'une richesse et d'une diversité étonnante et c'est pour cette raison qu'il est préférable de le découvrir par parcelles. Le cinéma mexicain de lÕépoque émigré des thèmes bucoliques vers les cabarets.
Pour cette raison, le Festival des 3 Continents a décidé de mettre l'accent sur un genre pratiquement inconnu en France : las rumberas, cinéma des cabarets des bas-fonds dans lequel de belles femmes dansent au rythme de la rumba, du mambo, de la conga et autres sons des Tropiques.
Le cinéma de rumberas, comparable en importance aux comédies musicales américaines, scandaleux à son époque par son impudeur, est redécouvert aujourd'hui.
Il était à l'époque d'emblée rejeté par les classes aisées qui ne daignaient pas le regarder, aveuglé par la présence des films américains et européens. Cette situation a entraîné le goût de l'interdit : secrètement les jeunes sans distinction de classe allaient dans les salles de cinéma populaires et rêvaient aux rumberas.
Ce "sous-genre" cinématographique - contradiction entre la musique très joyeuse et les tragédies qu'il provoque - est présenté sous forme de comédie ou de mélodrame et se déroule dans un lieu nocturne. La protagoniste est généralement une femme qui, par plaisir, ou poussée par les circonstances, est obligée de danser aux sons afro-cubains pour gagner sa vie. Cette héroïne doit trouver le salut à travers la danse, sinon elle est entraînée dans l'abîme de la perdition.
Certes, prolixe, le cinéma de rumberas prend vite de l'élan et une identité propre, au fur et à mesure qu'il est créé. Les chiffres qui suivent donnent une idée de son essor : 3 films en 1946, 13 en 1947, 25 en 1948, 47 en 1949 et 50 en 1950.
Le cycle présenté nous fait découvrir la première rumba, dans un cortège funèbre dans le film "La mujer del Puerto". Juan Orol impose ce genre et fait de Maria Antonieta Pons le prototype de la rumbera dans "Siboney". D'autres réalisateurs comme Alberto Gout, Tito Davison, Femando Mendez, Jose Diaz Morales, Alfonso Patino Gomez vont s'y attaquer selon leur propre style, ainsi que le Grand Gilberto Martinez Solares dans le genre "comédie".
L'une des premières interprètes, Mapy Cortès, "par son coup de hanches", entraîne avec elle, dès les années 40 les étoiles de la danse cubaine qui se produisent au Mexique : Amalia Aguilar, la "bombe cubaine" ; Rosita Fornes, la diva de la danse, Rosa Carmina, sensuelle et inaccessible; l'inquiétante Ninon sevilla et Meche Barba, I'unique mexicaine, qui font danser et rêver les masses dans des films qui ont touché profondément l'inconscient collectif des jeunes de I'époque.
Le cinéma de Rumberas, contient beaucoup d'éléments "kitsch", non seulement par la diversité de sa musique mais aussi par la structure parfaite des mélodrames que seuls les cinéastes de cette période pouvaient faire avec tant de maîtrise et désinvolture. Les rumberas évoquent une époque incroyable où l'on donnait des mouchoirs en papier à l'entrée des salles et ou I'on remboursait tous ceux qui ne s'en étaient pas servis ; une époque ou le public était capable de détruire une salle de cinéma si le projectionniste ne leur repassait pas la bobine dans laquelle il y avait des numéros de danse.....

Monica Reina


Rumba, Mambo... Rumberas

"Tania la belle sauvage", alias "Sandra la femme de feu", "Mûlatresse", "Femme du port", "Voyageuse", "Aventurière", "Victime du péché", "Perdue", dans "Une nuit de perdition", c'est Rosa Carmina, star des années 50 qui danse "Au son du mambo" avec Resortes le danseur élastique, dirigés de main de maître par Alberto Gout, Juan Orol ou Martinez Solares. En un mot un cinéma de désir, dont nous avons aujourd'hui perdu le sens. J'ai été séduit à Mexico par Ies rumberas, j'espère qu'elles sauront franchir I'atlantique avec leur séduction intacte.

Philippe Jalladeau

 

Alberto Martinez Resortes

Il est né le 25 janvier 1916 a Mexico dans le célèbre et populaire quartier de Tepito. En 1931 il débute avec un petit rôle dans le piece "Tierra y Libertad" dans le vieux théatre Hidalgo. Depuis il a joue dans tous les théâtres de variété sous les chapiteaux et aussi dans de petit cabarets des bas-fonds de Mexico. En 1943, il est a la tête de la Compagnie "Pachucos Review" qui fait une tournée a succès à travers le Mexique et les Etats-Unis. Il débute dans le cinéma dans le films "Voces de primavera" en 1946. Il est un des plus grands danseurs que le Mexique ait connu; aussi souple qu'un resort il fut surnommé Resortes. Depuis il a tourné 96 films et a reçu les prix Heraldo de Mexico, Diosa de Plata, et celui des critiques de New York. En 1981 on lui a remis une médaille d'or pour ses cinquante ans de carrière artistique.

 

Rosa Carmina

Rosa Carmina par elle même : "Au cours de la fête de fin d'études de ma soeur Juanita, j'ai chanté et dansé. Enrique Brion, un assistant de Juan Orol, qui cherchait une nouvelle chanteuse et actrice cubaine pour son prochain film "Una mujer de Oriente", m'a repérée. Le lendemain on a fait connaissance et Juan Orol, qui m'a trouvé je ne sais quoi d'asiatique, m'a élue pour son film. Je suis arrivée au Mexique en mars de 1946. J'ai tourné "Tania, la Bella Salvaje" mon deuxième film. Depuis, j'ai joué dans beaucoup de films. J'ai fait du théatre de revue et souvent pour la Première des films, je montais des numéros. Juan Orol m'a permis de signer un contrat avec la maison de production des Rosas Priego. Je me souviens des foules à l'entrée des salles. Le public criait dans les cinémas pour que le projectionniste passe de nouveau le rouleau ou il y avait les numéros musicaux. C'était une belle époque..." Actuellement, Rosa Carmina joue dans des feuilleutons pour la television mexicaine et envisage tourner d'autres films.

 

Gilberto Martinez Solares

Né au Mexique le 19 janvier 1906. Il a fait des études de droit mais vers la fin des années vingt, il essaie de créer un studio de photographie avec son condisciple et ami Cabriel Figueroa. En 1927 il va a Hollywood où il il tente de reprendre son travail de photographe. "]e voulais travailler comme photographe mais il y avait tellement de problèmes avec les syndicats que je n'ai jamais réussi a exercer". En même temps, il fait de la figuration dans des productions américaines "pour apprendre leur technique et leur méthode de travail. Comme figurant, j'avais assez de temps pour observer et j'avais souvent le plaisir de travailler à côté de Greta Carbo". Il rentre au Mexique et se marie avec Diana Cantli, fille du célèbre peintre Federico Cantu. Ils partent pour un an a Paris. Il rentre au Mexique pour les débuts du cinéma parlant. En 1935, il est pour la première fois chef-opérateur dans Rosario de Miguel Zacarias. Il continue a travailler comme chef-opérateur dans quinze films jusqu' en 1938 où il dirige son premier film "El Senor Alcalde". Depuis il a dirigé près de deux cents films dont il a écrit la plupart des scénarios. Il découvre le comique Tin Tan et tourne Calabacitas tiemas, ay que bonitas piemas ! "Tin Tan était un grand comique et avait beaucoup de talent pour faire des improvisations. Il pouvait faire n'importe quoi : boxeur, catcheur, joueur de base-ball, car il était un bon athlète et excellent danseur et chanteur". A l'époque Tin Tan n'était pas aimé par la critique à cause de sa condition de Pachuco, maintenant il est reconnu commele meilleur comique de tous les temps. Le cinéma de Martinez Solares, d'origine populaire, a pour but de faire passer un bon moment au public d'où l'énorme quantité de comédies qu'il a tournées. A 86 ans, il a toujours des projets de films.

 



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