LES CINEASTES ARABES
DU MOYEN-ORIENT
JORDANIE
Il n'existe pas
de cinéma de long métrage jordanien. On ne peut qu'évoquer
ici-et-là des tentatives, espacées dans le temps, entreprises
par des cinéastes. Ces amateurs de cinéma étaient
dépourvus de l'expérience nécessaire, ou de la
culture cinématographique et encore davantage des moyens financiers
appropriés. Le cinéma est un phénomène assez
récent en Jordanie, il s'est progressivement développé
dans les principales villes du pays qui possèdent des salles
de spectacle spécialisées dans la projection de films
égyptiens, indiens ou américains.
On peut découper l'histoire du cinéma en trois époques.
La première qui s'étend de 1957 à 1969 est celle
qui précède la création de la télévision
jordanienne. La seconde de 1970/1971 est la période où
la télévision jordanienne se lance dans la production
de quelques longs métrages en format 16 mm. La troisième
période est la réalisation d'un long métrage en
1991.
"Lutte à Jerash" - 1957
On ne connaît pas avec précision l'idendité du réalisateur
de ce film qui est considéré comme le premier long métrage
jordanien. Un groupe de cinéaste amateurs a pris part à
sa réalisation. Bien qu'Ibrahim Sarhan en ait revendiqué
la paternité, ce film n'aurait pas pu voir le jour sans l'apport
technique essentiel de Sobhi el Naggar, ouvrier fraiseur qui s'était
pris de passion pour le cinéma en réparant les appareils
de prise de vue et de projection. Avec des moyens rudimentaires et beaucoup
d'esprit d'invention il a mis sur pied un laboratoire de développement
et une table de montage. Il a dû inventer un procédé
pour assurer le synchonisation de l'image et du son. Le film débute
par une séquence documentaire sur la Palestine et Jérusalem.
Mais l'histoire relate l'histoire d'une bande de trafiquants d'antiquités
du côté de Jerash aux prises avec la police.
"Ma patrie adorée" - 1962
Le film est réalisé par un cinéaste amateur, Mahmoud
Kawash. Il s'agit d'une imitation de mélodrames amoureux égyptiens
qui se déroule sur fond de conflit israélo-arabe. Le héros
du film abandonne sa fiancée pour aller combattre en Palestine.
"Tempête à Petra" - 1968
Film réalisé par le metteur en scène libanais Farouk
Agrama, c'est une coproduction libano-jordano-italienne qui relate les
faits d'une bande de trafiquants d'antiquités qui sont poursuivis
par Interpol.
"La lutte jusqu'à la libération" - 1968
de Abdel Wahab el-Hindi, ce film présente de façon assez
naïve les actes d'héroïsme de la résistance
palestienne contre l'armée israélienne.
"La route de Jérusalem" - 1969
de Abdel Wahab el-Hindi, terminé par Taïssir Aboud. Le film
relate l'histoire d'un étudiant à l'université
qui abandonne ses études en Egypte pour rejoindre la résistance
pour venger la mort de son ami.
"Les serpents" -1970
de Galal Toamé, film produit par la télévision
jordanienne en format 16mm. Une histoire de triangle amoureux où
le mari provoque une fin tragique.
"Une histoire orientale" - 1991
réalisé par Nadjat Anzour, un film en 16mm qui mêle
le fantastique et la réalité à travers la personnalité
d'un journaliste écrasé par les difficultés de
la vie quotidienne. Il se voit propulsé au rang de héros
après avoir sauvé les passagers d'un bus.
En plus de ces films, on peut citer trois tentatives de coproductions
avec la Turquie qui a exploité les paysages naturels et les sites
archéologiques jordaniens. Ces films sont "L'aigle d'Orient"
(1971), "Un homme de Jordanie" (1984), "L'homme de loi"
(1984), ces films tournés en turc n'ont jamais été
projetés en Jordanie.
Adnan Madanat
Jordanie - Séléction
1999
Najdat Ismaël
ANZOUR - Une
histoire orientale (Hikâya Sharqiyya) - 1991