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HOMMAGE A GABRIEL FIGUEROA

L'ouragan (flor silvestre) - Emilio FERNANDEZ - Mexique - 1943
Maria Candelaria - Emilio FERNANDEZ - Mexique - 1943
Nouvel éveil (distinto amanecer) - Julio BRACHO - Mexique - 1943
Les abandonnées (las abandonadas) - Emilio FERNANDEZ - Mexique - 1944
Bougainvillier (bugambilla) - Emilio FERNANDEZ - Mexique - 1944
La perle (la perla) - Emilio FERNANDEZ - Mexique - 1945
Amoureuse (enamorada) - Emilio FERNANDEZ - Mexique - 1946
Le fugitif (the fugitive) - John FORD - U.S.A. - 1946
La villageoise (pueblerina) - Emilio FERNANDEZ - Mexique - 1948
Maclovia - Emilio FERNANDEZ - Mexique - 1948
Le voile de solitude (el rebozo de soledad) - Roberto GAVALDON - Mexique - 1952
Macario - Roberto GAVALDON - Mexique - 1959
La jeune fille (la joven) - Luis BUNUEL - Mexique - 1960
La rose blanche (la rosa blanca) - Roberto GAVALDON - Mexique - 1961
La nuit de l'iguane (the night of the iguana) - John HUSTON - U.S.A. - 1964
Simon du désert (simon del desierto) - Luis BUNUEL - Mexique - 1964

   

 

 

 

 


 


HOMMAGE A GABRIEL FIGUEROA
(Programme du 12ème Festival des 3 Continents, Novembre 1990)

Dire que Gabriel Figueroa est un des plus grands directeurs de la photographie encore vivant est à la fois un euphémisme et une facilité.
Evidemment, il a fait la lumière de plus de 200 films et travaillé avec les plus grands réalisateurs, Huston, Ford, Siegel, Bunuel, Gavaldon et Fernandez. II se pourrait toutefois que ce concert de louanges soit embelli par des souvenirs, d 'autant plus heureux que nombre de ses films les plus remarquables n'ont pas été revus depuis 30 ou 40 ans. A l 'inverse, depuis quelques temps certains critiques ont pu denoncer chez Figueroa un certain maniérisme qui, dans de nombreux films, privilégierait l'image au détriment de l'unité filmique. C'est pourquoi la confrontation récente que j'ai pu avoir à Mexico avec l'œuvre de Figueroa, m'a permis de faire un point et une nouvelle évaluation.
Si les films en couleurs mériteraient que l'on s 'y arrête dans une rétrospective plus large, c'est avant tout son travail sur le noir et blanc qui demeure essentiel. C'est avec "Ay que tiempo Sr Don Simon" de Julio Bracho (1941), que Figueroa devient réellement maître de son art. Deux ans plus tard, il va s'affirmer totale- ment avec Emilio Fernandez, imprimant sa marque aux films réalisés entre 1945 et 1953.
L' utilisation dramatique de la lumière mexicaine, la variété de la gamme de tonali- tés entre le noir et le blanc, (utilisés comme des couleurs), que ce soit dans les plans d'ensemble ou dans les plans rapprochés, contribuent à la richesse de la créativité de Gabriel Figueroa mise au service d 'un réalisateur.
Mais Gabriel Figueroa n'aurait pas été ce maître du noir et blanc, s'il n'avait pas su apporter sa disponibilité à des réalisateurs aussi différents que Bunuel, Huston, Ford, Gavaldon entre autres, pour créer à chaque fois une image, une atmosphère propres. Au moment où l'image télévisuelle ne nous permet plus par sa nature de voir véritablement le noir et blanc, on ne peut qu'être ébloui devant les créations artistiques de Gabriel Figueroa qui, espérons-le n'appartiennent pas totalement au passé.

Philippe Jalladeau - novembre 1990

 

"Pendant quarante ans, accompagné d'autres hommes également passionnés par le métier d'inventeur d'images, je n'ai fait autre chose que délimiter la réalite entre les mains d'un appareil photographique. Ce privilège exceptionnel m'a appris à diriger mes sens jusqu 'au cœur de la réalite et à me fondre dans le regard des inquisiteurs de l'Ame Humaine.
Je peux dire que jamais je n'ai été indifférent à mon époque. En transformant la réalité à l'aide d'un outil mécanique, la réalité me transtormait moi-même et me faisait grandir en tant qu'un homme parmi les autres hommes.
Raconter des histoires, évoquer des histoires, inventer des histoires : ma vie n'a été qu'un incident dans cet Univers peuplé déjà d'êtres intemporels.
Je pense en ce moment a des hommes de qualité, tels Diego Rivera, Jose Clémente Orozco, David Alfaro Siqueiros, Leopoldo Mendez, génies de la peinture mexicaine, maîtres de la couleur et de la lumière et mes guides dans la manière de percevoir les êtres et les objets. Si je possède un quelconque mérite, j 'en suis persuadé, ce serait celui de savoir me servir de mes yeux qui, à l'égal d'une caméra, emprisonnent non seulement les couleurs, les lumières et les ombres, mais le mouvement lui-même, la vie".

Gabriel Figueroa

 

Le plus grand chef opérateur mexicain est né à Mexico en 1907. Technicien à la formation solide, en 1935 il part a Hollywood se former auprès de Gregg Toland ; sa contribution est remarquée dès "Alla en el Rancho Grande" de Fernando de Fuentes en 1936.
Sa réputation est liée au nom du réalisateur Emilio Fernandez, avcc qui il forme un véritable tandem, à partir de "Flor Silvestre" (1943). Beaucoup de réalisateurs dont Bracho, Rodriguez, De Fuentes, Bunuel, Gavaldon, Bardem lui doivent énormement.
Il a également travaillé avec des réalisateurs américains venus tourner au Mexiquc, John Ford et John Huston. Les prix obtenus lors des principaux festivals, Cannes, Locarno, Madrid, Karlovy Vary sont très nombreux, il est nominé pour l'Oscar en 1959.
Son œuvre est étudiée dans de nombreuses écoles (Los Angeles, Mexico, Prague, Moscou entre autres) et des artistes tels Nestor Almendros se demandent encore comment Figueroa réussit certaines images. L'esthétique de son oeuvre photographique est étroitement liée à la peinture des grands muralistes mexicains du XXe siècle : Rivera, Orozco, Siqueiros...
"...Je crois avoir intégré - a déclaré Gabriel Figueroa - la photographie cinématographique au mouvement de l'art plastique mexicain. J'ai intégré le paysage en forme de contrastes, des clairs-obscurs, des ciels chargés, des lourds nuages comme ceux que nous possédons chez nous, le tout au service de la cinématographic afin d'obtenir ainsi une image très mexicaine de la photo en noir et blanc..."

 



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