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PANORAMA DU CINEMA DES CARAIBES

Caraïbes, note de voyage

Colombie

Cuba

Porto-Rico

Saint-Domingue

Vénézuela

Diaspora Caraïbes

 


Les joueurs de base-ball (los peloteros)
Jack DELANO - 1952

 

 

Sélection

Colombie
La rivière des tombeaux (el rio de las tumbas) - Julio LUZARDO - 1964
Visa U.S.A. - Lisandro DUQUE NARANJO - 1985/86
Le temps de mourir (tiempo de morir) - Jorge ALI TRIANA - 1985

Cuba
La vierge de la charité (la virgen de la caridad) - Ramon PEON - 1930
Sept morts programmées (siete muertes a plazo fijo) - Manuel ALONSO - 1950
Cuba 58 - José MIGUEL GARCIA ASCOT et Jorge FRAGA - 1958
Le jeune rebelle (el joven rebelde) - Julio GARCIA ESPINOSA - 1961
Mémoires du sous-développement (memorias del subdesarrollo) - Tomas GUTIERREZ ALEA - 1967
Lucia - Humberto SOLAS - 1968
D'une certaine manière (de cierta manera) - Sara GOMEZ - 1974

Porto-Rico
Les joueurs de base-ball (los peloteros) - Jack DELANO - 1952
La grande fête (la gran fiesta) - Marcos ZURINAGA - 1986

St Domingue
Les serpents de la lune des pirates (las serpentes de la luna de los piratas) - Jean-Luis JORGE - 1974

Vénézuela
La goëlette Isabel est arrivée cet après-midi (la balandra isabel llego esta tarde) - Carlos
Hugo CHRISTENSEN - - 1950
Territoire vert (territorio verde) - Horacio PETERSON et ArielL SEVERINO - 1952
Araya - Margot BENACERRAF - 1959
Caïn adolescent (cain adolescente) - Roman CHALBAUD - 1957
Entre samedi et dimanche (entre sabado y domingo) - Daniel OROPEZA - 1964
Macu, la femme du policier (macu, la mujer del policia) - Solveig HOOGESTEIJN -
1987
Bolivar, symphonie tropicale (bolivar sinfonia tropikal) - Diego RISQUEZ - 1980
Orinoko - Nouveau Monde (orinoko - nuevo mundo) - Diego RISQUEZ - 1984
Amérique, terre inconnue (amerika, terra incognita) - Diego RISQUEZ - 1988

Diaspora Caraïbes

L'exilé (the exile) - Max OPHULS - U. S. A. - 1947
Portrait d'un assassin - Bernard ROLAND - France - 1949
Le voleur de Venise (the thief of venice)- John BRAHM - U.S.A. - 1950
Le gardien (el super) - Léon ICHASO et Orlando JIMENEZ-LEAL - U.S.A. - 1989

 

 


PANORAMA DU CINÉMA DES CARAIBES

(Programme du 11ème Festival des 3 Continents, Novembre 1989)

CARAIBES notes de voyage

UN ITINERAIRE CINEMATOGRAPHIQUE AUTOUR DE LA MER DES CARAÏBES

Première escale, la Havane. Les diverses informations possédées avant le départ, laissent soupçonner un cinéma plutôt riche quant au nombre de films réalisés. Sur place, sous les Tropiques, il s'avère effectivement qu'il faudrait plus de huit jours pour en faire le tour. Si le cinéma cubain post-58 est assez bien connu, il est toutefois nécessaire de revoir les films afin de savoir ce qui a bien vieilli, car les souvenirs sont bien souvent trompeurs. Ainsi, on peut dire aujourd'hui que les dix premières années du cinéma de la Révolution demeurent pîus créatrices que les vingt suivantes, notre sélec- tion en témoigne. Quant aux soixante années précédentes, on y fait des découvertes assez passionnantes tels que le premier film "néo-réaliste" de l'histoire du cinéma (dixit Georges Sadoul) "La vierge de la charité" de Ramon Peon, ainsi qu'un "thriller" que ne désavoueraient pas les meilleurs spécialistes américains des années 50 "7 morts programmées" de Manuel Alonso.

Après Panama avec ses "clippers" et ses vidéastes acharnés, la Colombie se révèle bien surprenante. Plutôt tournée vers le cinéma documentaire elle n'a, semble-t-il, jamais eu vraiment vocation pour le long métrage de Fiction. A l'exception de quelques tentatives à l'époque du muet, elle a laissé la production cinématographique nationale a des immigrés étrangers Italiens, Chiliens (années 40) et plus récemment Espagnols avec Arzuaga qui donna au cinéma colombien de Fiction ses premières lettres de noblesse.. vint enfin jullo Luzardo premier réalisateur d'une production intégralement colombienne... en 1964 avec "El no de las tumbas" (La Rivière des tombeaux). C'est aujourd'hui le plus ancien film visible et pourtant il n'a que vingt cinq ans. Comme Luzardo, la plupart des cinéastes colombiens, n'ont fait qu'un ou deux films et la situation ne risque pas de s'améliorer, si grande est la faillite de l'organisme d'État Focine qui pourrait aider les cinéastes débutants. Que peut dans ces conditions espérer là-bas, une actrice comme Marcela Agudelo qui aurait pu par ailleurs être une autre Sandrine Bonnaire, au vu des quelques instants fulgurants de son unique film "Visa USA"?.

A San Juan de Porto-Rico, on perçoit dès l'arrivée quelque chose d'organisé et peut-être aussi un peu plus d'argent... quelques dollars de pîus. Des organismes mettent maintenant en valeur d'une façon très efficace le patrimoine portoricain ou aident à la promotion du cinéma en création. Car il y a et il y a eu un cinéma portoricain, avant-guerre, après-guerre et maintenant, ce que l'on sait mal en France et en Europe occidentale. La préservation actuelle est pourtant arrivée un peu tard et il n'est plus possible de voir certains mélodrames aux titres tentants dont il ne reste plus que le synopsis, l'affiche ou quelques photogrammes. Nous pourrons voir tout de même à Nantes "Los peloteros" qui vaut un détour certain. Pour le cinéma contemporain, on peut compter sur Marcos Zurinaga erjacobo Morales dont le tout dernier film est montré à Nantes en première mondiale après Porro-Rico.

A Saint Domingue, c'est tout autre chose. Le problème de la préservation ne se pose pas encore pour les longs métrages de Fiction. En effet, trois réalisateurs ont tourné en tout et pour tout quatre films depuis 1962 (en excluant Oscar Torres qui a tourné un peu auparavant à Cuba). Sans aide de lEtat, les réalisateurs dominicains ont appris à se débrouiller seuls pour tourner de temps à autre entre deux pubs et une pièce de théâtre.

Bouclons notre voyage à Caracas. Ricardo Tirado nous a fourni deux énormes et magnifiques volu- mes de son histoire du cinéma vénézuelien qui génèrent au départ l'idée de richesses et de proba- bles découvertes. Toutefois il faut quelque part déchanter et la réalité est moins grandiose. Hier, comme aujourd'hui beaucoup de productions se révèlent très médiocres sur l'écran et si "Araya", "La Balandra Isabel Liego esta tarde" sont toujours éblouissants, "Cain adolescente", "Territorio verde", fort réjouis- sants, par contre les choses se gâtent à la fin des années soixante et dans les années soixante-dix avec trop de films idéologiquement démonstratifs, avec force stéréotypés. Depuis 1980, toutefois quelques réalisateurs s'affirment et parmi ceux-ci Diego Risquez au style original, mais à côté ne voit-on le plus souvent, des sortes de téléfilms très conventionnels ou des réalisations aux scénarios impossibles.

D'une manière générale pour tous ces pays, si pendant un certain temps une culture en gestation a permis d'absorber et de transformer en cinéastes locaux, des réalisateurs venus d'ailleurs, créant un apport considérable, actuellement une standardisation d'origine télévisuelle guette l'ensemble du cinéma des films techniquement bien faits sans âme véritable, sans passion dans des décors parfois envahissants, avec des personnages à la psychologie et aux émotions limitées.

Le programme Caraïbes qui vous est donné de voir ne se veut pas exhaustif loin de là, ce n'est pas le programme d'une cinémathèque et si y ont été exclus quelques films déjà distribués en France ou montrés à Nantes et qui y auraient eu leur place, c'est essentiellement un choix de réalisations qui resteront sans doute dans l'histoire du cinéma des pays des Caraïbes et peut-être même pour certaines dans l'Histoire du cinéma mondial.

Philippe Jalladeau

 



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