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PANORAMA DES ANDES :
24 RÉALISATEURS / 24 FILMS.
Consultez aussi les pages concernant les pays suivants :
Chili
Pérou

 

 

 

La source (la vertiente) - Jorge RUIZ - Bolivie - 1958
Le sang du condor (yawar mallku) - Jorge SANJINES - Bolivie - 1969
Mer amère (amargo mar) - Antonio EGUINO - Bolivie - 1984

 


PANORAMA DU CINÉMA DES ANDES - BOLIVIE

(Programme du 13ème Festival des 3 Continents, Novembre 1991)

Depuis déjà 30 ans le cinéma bolivien est reconnu au niveau international, les nombreux prix qui lui sont décernés dans les festivals internationaux montrent la maturité dont fait preuve ce cinéma, malgré la faible production de ces dernières années. Cette évolution fait partie de la longue histoire du cinéma bolivien, qui remonte au début siècle. A cette époque le pays est en train de se remettre du traumatisme vécu pendant la guerre du Pacifique (1879) dans laquelle la Bolivie a perdu tous ses territoires donnant accès au Pacifique. Celle-ci se replie sur elle-même et cela ralentit le développement des idées et de la culture venant de l'Occident.
Dans ce contexte, le cinéma bolivien a d'autant plus de mal à se trouver une identité. Les classes dirigeantes ne se rendent pas compte du pouvoir du cinéma en tant moyen d'expression de l'identité culturelle.
Malgré toutes ces difficultés, Luis Castillo et quelques autres pionniers du cinéma travaillent avec une admirable persévérence et contribuent à la naissance du cinéma bolivien. Ils réalisent tout d'abord des documentaires et dans les années 20 commencent à réaliser des longs métrages.
C'est l'âge d'or du cinéma muet en Bolivie. De nombreux réalisateurs marquent cette époque de leur empreinte tels Pedro Sambarino, José Maria Velasco Maidana, M Camacho, Luis Bazoberry etc..
La spécificité du cinéma bolivien contemporain à thème social trouve ses origines à cette époque. Ces réalisateurs ont des problèmes de censure; malgré tout ils arrive projeter des films comme "Corazon Aymara" (Coeur Aymara) 1926 le premier film de fiction et "Wara Wara" (Etoiles, étoiles) (en quechua) qui fut le grand succès de l'époque à cause de ses acteurs venant du milieu intellectuel et de la façon dont on montre l'arrivée des conquistadors espagnols.
La guerre du Chaco (1933-36) marque la fin de cette époque et la Bolivie se retrouve à nouveau en crise. Cette période coïncide avec l'arrivée de l'étranger du film sonore. Ceci empêche le développement du cinéma bolivien. Entre 1930 et 1940, pratiquement aucun film ne sera réalisé. Tout redémarre dans les années 50 avec des réalisateurs comme Jorge Ruiz, le plus important des réalisateurs de documentaires et Agusto Rocca et Alberto Perrin etc.. Ceux-ci marquent le début du cinéma contemporain en Bolivie.
Le 9 avril 1952 le Mouvement Nationaliste Révolutionnaire (MNR) prend le pouvoir après quelques jours de combat entre le soulèvement populaire et les militaires de l'oligarchie. Cet évènement change la situation en Bolivie et permet à la population en majorité indigène de jouer un rôle actif dans la société. Ce changement permet aussi de réagir face aux problèmes sociaux, aux inégalités raciales, matérielles et culturelles.
Le cinéma de cette époque aborde tous les problèmes sociaux en les critiquant. En mars 1953 le gouvernement révolutionnaire fonde l'Institut Cinématographique Boli (ICB), ceci constitue le seul appui de l'Etat au niveau de la production. Même si l'institut ne devient à la fin qu'une agence de production de films de propagande pour le gouvernement, il produit plus de 500 courts et longs métrages documentaires. Ceci est un véritable patrimoine historique. En 1953, Jorge Ruiz réalise "Vuelve Sebastiana" (Le retour de Sebastiana), l'un des premiers films sonores boliviens et l'une des oeuvres les plus importantes du nouveau cinéma latino-américain. C'est aussi le premier film boliven à gagner un prix international.
L'ICB a réussi à regrouper tous les réalisateurs les plus importants des dernières décénies comme Ruiz, Oscar Soria (notre meilleur scénariste) Jorge Sanjines et beaucoup d'autres sont passés par l'ICB.
Soria et Sanjines sont les fondateurs du Groupe Ukamau dont le nom vient du premier long métrage de Sanjines. Ce groupe a encouragé une expression cinématographique d'une qualité extraordinaire, critique et authentique. Cette expression reflète la recherche des origines de la situation du pays, et essaie de mettre en valeur les cultures indigènes qui sont toujours méprisées à l'heure actuelle.
Les films réalisés dans le cadre du Groupe Ukamau montre la vie telle qu'elle est perçue par l'homme andin. Ce langage filmique trouve sa meilleure expression dans le dernier film du Groupe Ukamau, le long métrage "La Nacion clandestina" (La nation clandestine) 1989. Pendant la période de la dictature militaire Sanjines se retrouve en exil et des réalisateurs comme Antonio Eguino et Paolo Agazzi essaient de suivre ses pas sans trop perdre le regard critique typique de ses films, ils essaient en même temps de trouver un moyen de montrer leurs films. Les trois films d'Antonio Eguino jettent un regard pessimiste sur la réalité du pays. Dans "Amargo Mar" (La mer amère), Eguino donne une autre version que la version officielle, des évènements de la guerre du Pacifique. Ceci permet de regarder le passé en donnant des leçons sur la situation actuelle. Agazzi essaie de donner une ouverture au cinéma bolivien et de remettre en question certains aspects de la réalité bolivienne. Les dernières années ont été particulièrement difficiles pour le cinéma bolivien. La crise économique a diminué le pouvoir d'achat. Parallèlement à cette situation, on voit apparaître de nombreuses chaînes de télévision privées et une augmentation des vidéos pirates. Ceci provoque une diminution des spectateurs potentiels de plus de 50 %, ce qui rend toute production pratiquement impossible. La nouvelle génération de cinéastes est obligée d'utiliser la vidéo comme moyen d'expression. Il est possible que la production redémarre après le dernier décret, discuté pendant 6 ans, de la chambre des députés (loi sur le cinéma). Le cinéma bolivien a une réserve de talents et une tradition de qualité qui attendent un contexte plus favorable pour se manifester. Nous espérons que cela deviendra bientôt une réalité.

Pedro Susz K. Critique et auteur de plusieurs livres sur le cinéma chilien et directeur de la Cinémathèque bolivienne.

Liste des films longs métrages de fiction réalisés en Bolivie par des Boliviens ou des étrangers résidant en Bolivie.
1925 "Corazon Aymara" Pedro Sambarino
1925 "La profecia dellango" J. M. Velasco Maidana
1926 "La gloria de la raza" Luis Castillo et Arturo Posnansky
1927 "Pusilamiento" J. de Luis Castillo
1929 "Wara Wara" José Jimenez
1932/33 "Hacia la gloria" Mario Camacho et Raul Duran
1933 "La campana del chaco" J. Penaranda Minchin
1933 "Infierno verde o la guerra del chaco" Luis Bazeberry
1948 "Al pie del illimani" Emelco
1953/54 "Detras de los Andes" Jorge Ruiz, G. S. de Lozada (non terminé)
1958 "La vertiente" José Ruiz
1966 "Ukamau" Jorge Sanjines
1967 "Mina Alaska" Jorge Ruiz
1969 "Yawar MalI ku" Jorge Sanjines
1969 "Volver" German Becker, Alberto Pacciella, J. Ruiz (co-production)
1969 "Crimen sin olvido" Jorge Mistral
1970 "Los caminos de la muerte" Jorge Sanjines (non terminé)
1971 "El coraje del pueblo" Jorge Sanjines
1972 "Patria linda" José Pellman et Alfredo Estivariz
1973 "El enemigo principal" Jorge Sanjines
1974 "Pueblo chico" Antonio Eguino
1976 "La chaskanawi" H. et José Cuellar Urizar
1976 "Senores coroneles, senores generales" Alfonso Gumucio
1976 "Fuera de aqui" Jorge Sanjines
1977 "Chuquiago" Antonio Eguino
1977 "El embrujo de mi tierra" Jorge Guerra
1978 "Los VIII juegos deportivos bolivarianos" Miguel A. Illanes
1981 "Ellago sagrado" Hugo Boero
1981 "El celibato" H. et José Cuellar Urizar
1982 "Mi socio" Paolo Agazzi
1984 "Amargo mar" Antonio Eguino
1984 "Las banderas del amanecer" Jorge Sanjines et Beatriz Palacios
1985 "Los hermanos Cartagena" Paolo Agazzi
1985 "Tinku" Juan Miranda
1989 "La nacion clandestina" Jorge Sanjines
1990 "Los igualitarios" Juan Miranda

 



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