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HOMMAGE A IM KWON TAEK - COREE DU SUD

Généalogie (chokpo) - 1978
Le héros caché (kipparomnun gisu) - 1979
Deux moines (mandala) - 1981
Les pollués (oyomdoen jashik-dul) - 1982
Le village des brumes (angue maeul) - 1982
La fille du feu (bourei tal) - 1983
Le flot éternel (hurunun gangmool-ul ochi magurya) - 1984
Gilsodom (kilsottum) - 1985
Ticket - 1986
Mère porteuse (sibaji) - 1986
Le journal du Roi Yonsan (yonsan ilgi) - 1987
Adada - 1988

 


HOMMAGE À IM KWON-TAEK

(Programme du 11ème Festival des 3 Continents, Novembre 1989)

Ceux qui suivent le Festival des 3 Continents depuis plusieurs années ont pu déja se faire une opinion sur le cinéaste coréen Im Kwon-taek. En effet dans le cadre de la rétrospective du cinéma coréen organisée en 1986 deux films d'lm Kwon-taek avaient éte programmés, suivis en 1987 par "Sibaji" (Mère porteuse) et en 1988 par "Adada". En voyant ces 4 films nous pouvions déjà dire que nous étions en présence d'un cinéaste important. Il m'est alors apparu évident d'en savoir plus sur ce réalisateur et ce fut alors pour moi une surprise de découvrir qu'il avait réalisé 90 films. L'or plus grande et sérieuse approche de ce réalisateur s'imposait et c'est lors d'un deuxième voyage Séoul en Avril 1989 que j'ai pu sur place vérifier l'importance d'lm Kwon-taek dans le cinéma coréen mais aussi dans toute l'Asie du Sud-Est. Malheureusement je n'ai pu comme je l'aurais souhaité visionner la majorité de ses films, la plupart n'existant qu'en support négatif. Mais malgré cela j'ai pu sélectionner 13 films dont le dernier est présenté en compéti tion. J'espère que vous partager le plaisir que j'ai eu à voir ces films et que comme moi, vous reconnaîtrez l'immense talent de ce cinéaste prolifique

Alain Jalladeau

Il est difficile de découvrir la véritable personnalité de lm Kwon-taek, car son expérience de la réalisation s'étend sur plusieurs genres et diverses tendances films d'amour, films historiques, films de guerre, films littéraires, films anti-japonais etc. En premier lieu, il faut voir le caractère cohérent des oeuvres. Les films de guerre évoquent l'importance de la femme et l'affirmation du soldat en tant qu'individu victime de l'idéologie. Ces films tendent à mettre en cause le monde extérieur inhumain à travers le regard des enfants. Les films anti-japonais accordent plus d'importance aux rapports humains qu'aux conflits idéologiques. Les films littéraires traitent de la femme et de l'amour maternel les femmes qui surmontent les difficultés de la pauvreté. de la société, le chagrin des femmes au destin brisé et celles qui veulent sortir de leurs tâches ménagères. Les films d'amour dépeignent les efforts de survie à travers la pauvreté. Ce qui impressionne dans ce genre de film, c'est que les personnages n'ont pas de haine à l'égard des gens qui les empêchent de dépasser leur condition, marquée par la fatalité : c'est l'attitude contemplative devant la vie et la tentative de compréhension positive de l'homme. Ces esquisses rendent possible la découverte de caractères communs à tous les genres de films. Tout d'abord, l'existence de la femme et l'amour maternel apparaissent essentiels. La relation entre les personnages se base sur l'humanité, ce qui signifie que la plupart des oeuvres se terminent par une fin heureuse. Ces films soulignent la sensibilité coréenne et surtout la fidélité de la femme. Ils s'éloignent des succès commer- ciaux érotiques. Le signe particulier des films de ce réalisateur est le regard positif qu'il a sur tous ses personnages. Bien qu'ils souffrent par les autres, ils ne détestent pas l'adversaire. Ils gardent le juste milieu et veulent vivre ensemble en harmonie. Les conflits n'éclatent donc pas dans le paroxysme, c'est pourquoi les personnages subissent silencieusement leurs souffrances. Les interprètes principaux et les acteurs qui ont un rôle secondaire n'ont pas de personnalité très marquée. Cette façon de mettre en scène, propre à Im Kwon-taek rend secondaire la structure dramatique de ses films. Im Kwon-taek, humaniste et idéaliste est aussi un poète. La plupart de ses films finissent par une scène où le personnage part sur la route pour découvrir un autre monde. Son film commence véritablement par le mot "Fin".

"Au début de ma carrière, au début des années 60, j'ai réalisé des films très différents, j 'ai dirige des comédies, des films de gangsters et même quelques westerns... Mais ensuite je me suis consacré toujours davantage à ce qui me tenait à coeur, c'est à dire au drame à caractère historique avec un contenu social. Ce qui m'intéresse, c'est d'exprimer d'une manière originale, les vrais problèmes des gens de mon pavs, en apportant ma contribution de cinéaste, en aidant les gens à trouver des solutions. La façon de penser de mes compatriotes m'intéresse leurs émotions, leurs sentiments... Ce que j'essaie de faire, c'est de traduire dans une forme cinématographique le rythme de la vie de mon pays. Je veux étre un auteur coréen et m'exprimer authentiquement.
"Parfois on me demande ce que je suis. Chaque fois, je me rends compte que le sens de ma vie est le même que celui de mon travail faire des films".

Im Kwon-taek

 



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