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Naïma Akef

 

 

Naïma Akef : films présentés en 1995

1954 - Aziza Hussein de Hussein Fawzi

1955 - Bahr El Gharam (Un océan d'amour) de Hussein Fawzi

1957 - Tamr Henna (Fleur de Henné) de Hussein Fawzi

1958 - Ahibak Ya Hassan (Je t'aime Hassan) de Hussein Fawzi

1960 - Kholkhal Habibi (Le bracelet au pied de mon amour) de Hassan Reda

1963 - El Hakiba El Sawdae (La valise noire) de Hassan El Seifi

1963 - Amir El Dahae (Prince de la ruse) de Henri Barakat

 


NAIMA AKEF
- 17ème Festival des 3 Continents, Novembre 1995 -

C'est ma jeunesse... c'est mes débuts au cinéma... c'est un nom qui a affiché "complet" à la sortie de son premier film "Le pain et le sel".
A l'époque, j'avais cherché à comprendre... à comprendre le secret du succès... le secret qui fait d'une personne une "star"...

Et les années passèrent... Je faisais des films... Elle en faisait aussi... On ne se connaissait pas... Et un jour, on me demande de mettre en scène un "remake" du "Comte de Monte Christo" que j'avais tourné dans les années cinquante avec Samia Gamal... Je pense à Naïma.
Et ce fut notre première rencontre : la rencontre avec la douceur... la docilité... l'amour du travail... J'ai rencontré la vedette qui n'a pas d'autre souci que collaborer avec son metteur en scène... pour "faire mieux".

Actrice... c'est la comédienne moyenne... Danseuse... c'est la classe. La grande danseuse sans vulgarité... décente... gracieuse... interprétant la musique orientale comme elle doit être interprétée. Avec Tahia Carioca et Samia Gamal, elle formait le trio de la "danse orientale".

On m'a dit... C'est normal... C'est normal... Elle vient du cirque où elle a travaillé avec sa famille... On m'a dit... On m'a dit...

Ce que je sais... C'est que j'ai rencontré une fille adorable qui se tuait pour faire mieux... qui avait en elle une beauté qui voulait se manifester...

Et c'est peut-être ça qui a fait d'elle une "star".

Henri Barakat,
Réalisateur

 

Elle est la première danseuse orientale que le monde arabe a vu en couleur à l'écran, dans "Papa se marie", premier film égyptien en technicolor réalisé en 1950 par Hussein Fawzi, qui deviendra par la suite son mari. Au contraire de ses célèbres collègues, Samia Gamal et Tahia Carioca, Naïma Akef ne vient pas des cabarets du Caire. Son apprentissage de la danse s'est fait en même temps que celui de l'acrobatie, dans le cirque Akef, tenu par sa famille. Fille de saltimbanques, avec une petite expérience dans la comédie-théâtrale, Naïma Akef bouscule les habitudes de ses aînées, dès son apparition à l'écran en 1949 dans "Le pain et le sel" de Hussein Fawzi. Consciente de ses atoûts acrobatiques, elle place d'emblée la danse orientale sous le signe de la performance physique. Il ne lui suffisait plus d'être aimée pour la beauté de son corps et de la création d'une chorégraphie aux multiples formes, elle rendait en permanence hommage à son public, en lui offrant l'inattendu d'un geste qui force l'admiration. Cette volonté d'être toujours spectaculaire, à l'image d'un footballeur-dribbleur, a permis à Naïma Akef de défendre une conception constamment instinctive de la danse orientale. Elle fera école. Dans les années soixante, elle a eu des émules, dont Zoheir Zaki, celle qui a inventé le geste limite dans la danse arabe. Jusqu'au bout la vie de Naïma Akef a été faite de panache ; elle sera la seule danseuse orientale morte à l'âge de la retraite, à 37 ans, en 1966.

Nidam Abdi,
Journaliste à Libération

 

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