Films présentés
en 1995 :
1955 - Tamu
Agung (L'invité d'honneur) de Usmar Ismaïl
1978 - Pengemis
Dan Tukang Becak (La mendiante et l'homme au pousse-pousse) de Wim
Umboh
1984 - Kerikil-Kerikil
Tajam (Cailloux tranchants) de Sjuman Djaya
1985 - Kejarlah Daku, Kau Ku Tangkap (Attrape-moi et tu seras pris) de
Chaerul Umam
1986 - Ibunda
(Mère) de Teguh Karya
1988 - Tjoet
Nja'Dhien de Eros Djarot
1988 - Istana
Kecantikan (Le palais de la beauté) de Wahyu Sihombing
1990 - Langitku Rumahku (Le ciel est mon toit) de Slamet Rahardjo
1991 - Cinta
Dalam Sepotong Roti (L'amour dans une tartine de pain) de Garin
Nugroho
En 1984, le Festival
des 3 Continents organisait pour la première fois hors de l'Indonésie,
une rétrospective consacrée à la cinématographie
de ce pays.
Le cinéma indonésien, comme l'Indonésie d'ailleurs,
a une histoire pleine de péripéties. Contrairement à
ce qui fut le cas pour l'Inde, la Chine ou le Japon, le cinéma
a commencé tard dans les Indes néerlandaises. Entre 1926
et 1950, il y a certes beaucoup de films tournés mais ils ne
le sont jamais par des Indonésiens : ce sont des Hollandais et
surtout des Chinois qui sont à l'origine de ces films. Rêve,
divertissement, "jungle films" des années quarante,
opéras malais, histoires orientalesÉ Malheureusement, il ne reste
pratiquement plus rien de ces films et faire aujourd'hui une étude
sérieuse et approndie de ce cinéma est quasiment impossible.
Malgré tout et grâce aux efforts importants entrepris par
le cinéaste Misbach Yusa Biran, Directeur de la Cinémathèque
indonésienne, il est tout à fait possible, si on accepte
de faire commencer l'histoire du cinéma indonésien à
partir du début des années cinquante, d'avoir un regard
très large et une approche passionnante sur les quarante-cinq
dernières années du cinéma indonésien.
C'était d'ailleurs à partir de cette date qu'en 1984 nous
avions fait commencer notre rétrospective. Trois périodes
jalonnaient cette rétrospective. La première, allant de
1950 à 1965 - peut-être l'âge d'or du cinéma
indonésien-, permettait de découvrir un très grand
cinéaste, Usmar Ismaïl mais aussi Djadug Djajakusuma et
Wahyu Sihombing. La deuxième, correspondant aux années
soixante-dix, était marquée principalement par deux cinéastes
talentueux, Teguh Karya et Wim Umboh. La troisième, dont le point
de départ se situe au tout début des années quatre-vingts
révéla surtout un excellent cinéaste, Slamet Rahardjo
dont le premier film "Rembulan Dan Matahari" (La lune et le
soleil), présenté à Nantes en 1980, fut une très
bonne découverte, mais aussi Ismail Soebardjo, Sjuman Djaya,
Chaerul Umam, Eros Djarot.
Pourquoi onze ans après avons-nous décidé de réserver
une des sections du festival à "un nouveau regard sur le
cinéma indonésien" ? Deux raisons essentielles nous
sont apparues. La première est de présenter certains films
que nous n'avions pu montrer en 1984, tel que "Tamu Agung"
(L'invité d'honneur) réalisé en 1955 par Usmar
Ismail ; la seconde, de souligner que la création cinématographique
en Indonésie ne s'est pas, comme dans certains pays, arrêtée.
Elle continue, même si on doit reconnaitre qu'elle s'est tout
de même réduite, d'ailleurs plus par faute de moyens que
par manque de cinéastes. Le début des années quatre-vingt-dix
a vu l'émergence de deux nouveaux cinéastes : Garin Nugroho,
présent à Nantes l'année dernière et Nano
Riantarno qui sont d'ores et déjà les représentants
d'une quatrième période qui s'annonce aussi riche que
les précédentes.
La rétrospective 95 sera évidemment davantage consacrée
à des films récents puisque sur douze films projetés
dix ont été réalisés après 1984.
Alain Jalladeau